Kenya : La fois où on a failli faire un safari


DESTINATIONS, KENYA / samedi, juillet 20th, 2019

Faire un Safari. C’est sur la liste des choses qu’on rêvait de faire.

En Avril 2019, on a été tiré au sort dans le cadre du PVT Canada. Avant de partir à l’aventure de l’autre côté de l’océan, on s’est dit que ça serait cool de réaliser un autre de nos rêves : faire un safari en Afrique.

On est passé par Voyage Privé. Ils proposaient une formule intéressante :

10 jours / 7 nuits en all inclusive

  • Billets d’avion aller/retour via Qatar Airways (compagnie au top d’ailleurs, rien à dire)
  • Transfert aéroport/hôtel
  • 5 nuits à l’hôtel Neptune Village Beach Resort
  • 2 jours de safari
  • 1 journée d’excursion à funzi kinazini

Prix : 3151€ pour deux dont 162€ d’assurance multirisque premium

NOTRE ARRIVÉE AU KENYA

Après deux vols, 12h d’avion et 2h de voiture pour rejoindre l’hôtel, on arrive enfin à Diani Beach, la côte où sont regroupés tous les hôtels touristiques. Lorsque les portes de l’avion s’ouvrent, on est soudain saisi par la chaleur humide et étouffante du pays.

La route de l’aéroport de Mombasa à l’hôtel est impressionnante.

On est avec 6 autres touristes dans le 4×4 qui nous amène à l’hôtel. Dans la voiture, pas un mot. On regarde tous à travers la vitre et on est soudain tous confronté à la dure réalité. On sait ce qu’est l’Afrique et la pauvreté dans laquelle les gens vivent, notamment grâce aux documentaires mais crois moi, entre le voir à la télé et le voir en vrai, il y a un monde. On est tous littéralement bouche bé.

 

Un homme avec une jambe en moins, un autre qui a du mal à mettre un pied devant l’autre, des dizaines de femmes portant leur enfant sur le dos et leur vivres sur la tête, des vaches en sous nutrition au coin de la route… Leurs visages sont marqués par la fatigue et par le poids de la vie. Comme l’impression qu’ils ne vivent pas mais qu’ils survivent tant bien que mal.

On prend le ferry dans la ville de Mombasa pour traverser le fleuve. Une marée humaine déambule dans les rues pour monter sur le bateau, c’est surprenant ! Un sentiment d’insécurité nous envahit alors tous. Sortir de sa zone de confort, être confronté de plein fouet à la pauvreté, c’est saisissant. Tout va à l’encontre de ce que nous connaissons dans les pays occidentaux et pourtant, c’est nous qui sommes dévisagés. C’est nous les étrangers, les « bizarres ».

Après s’être prit une claque monumentale pendant 2h, nous arrivons à notre hôtel : le Neptune Village Beach Resort

L’hôtel est top, rien à dire. On découvre ensuite la plage, son sable clair et l’eau cristalline. On a qu’une envie, aller s’y baigner. Seul hic : pour atteindre l’eau, il faut traverser des dizaine de Kenyan qui mendient sur la plage.

La plage étant publique, on ne peut pas les empêcher d’être là. Et dans un sens, on le comprend. Le tourisme est leur principale source de revenus. Mais nous qui avons payé le prix fort pour être dans un hôtel avec plage, on a qu’une envie, c’est d’être tranquille et de pouvoir en profiter.

Nous avons eu l’occasion de sympathiser avec d’autres voyageurs dans l’hôtel et ils étaient tous d’accord pour dire que c’est dommage de ne pas pouvoir profiter de la plage alors qu’elle est à quelques mètres. Heureusement pour nous, l’hôtel était privé et situé légèrement en hauteur. Des gardes patrouillaient 24h/24h pour assurer la sécurité des clients de l’hôtel.

La première journée se passe donc très bien. On est fatigués mais contents d’être enfin arrivés et on se sent extrêmement chanceux d’avoir l’opportunité de découvrir ce pays et ses habitants.

LE CALME AVANT LA TEMPÊTE

Le lendemain matin, premier vrai jour de vacances. On se lève, on prend le petit déjeuné dans le restaurant principal de l’hôtel avec vue sur la mer. Il fait extrêmement chaud et humide mais on commence tout doucement à s’y habituer. La plupart des clients de l’hôtel dorment encore. On profite de la piscine et du bar qu’il y a dedans. Vers 10h on assiste à un cours d’aquagym avec une dizaine d’autres touristes de l’hôtel venus d’autres pays. Un moment très sympa. Jusqu’à ce que soudain, deux animateurs de l’hôtel se mettent à courir dans tous les sens. Un homme arrivé il y a à peine deux heures est entrain de faire une crise cardiaque à quelques mètres de nos transats.

L’hôtel appelle les secours qui mettent un peu plus de 25 minutes à arriver. Ils n’ont sur eux qu’une simple ampoule d’adrénaline. Cela fait déjà 25 minutes que l’homme est inconscient. Une ampoule d’adrénaline et un massage cardiaque ne réussissent malheureusement pas à le sauver. Pour ne pas affoler les clients de l’hôtel, le corps est emmené par les secours. Le médecin présent continue de pratiquer le massage cardiaque pour nous faire croire qu’ils essaient toujours de le sauver tout en sachant qu’il est décédé depuis déjà plusieurs minutes. Des médecins étaient présents parmi les clients de l’hôtel mais à part pratiquer un massage cardiaque, aucun d’eux n’aurait pu être d’une grande aide sans matériel. On apprendra quelques heures plus tard que l’hôtel ne disposait pas de défibrillateur. Avec un défibrillateur, les médecins présents parmi les clients de l’hôtel auraient certainement pu sauver cet homme.

Quelques heures ont passé depuis l’incident. On est encore un peu tous sous le choc de cette homme, venu profiter du soleil avec sa femme, qui s’écroule sur l’herbe pour ne jamais se relever. Et le courage de sa femme qui jusqu’au bout lui a prodigué les premiers gestes de secours.

Le soleil va bientôt se coucher sur cette première journée riche en émotions. On rentre à la chambre prendre une douche, on s’habille pour aller manger au restaurant de l’hôtel puis on décide d’aller prendre un verre au bar avant d’aller manger. On y fait la rencontre de deux couples Français. On discute une ou deux heures. On échange sur nos vies, sur nos voyages tout en trinquant aux vacances. Et puis on se sépare. Chacun va souper de son côté et rentre dormir.

Il est 11h. On se couche, on s’assoupit tranquillement.

QUAND LES VACANCES VIRENT AU CAUCHEMARD

Minuit. J’ouvre les yeux précipitamment. La pièce tourne autour de moi. Une violente nausée m’envahit. Je me dis que j’ai peut-être un peu forcé sur l’alcool ce soir. Je me lève, une suée m’envahit. J’ai chaud, je transpire. Il faut que j’aille aux toilettes. Je vomi, je me vide. Je me sens faible. Les vertiges ne passent pas. Je me vide toutes les demi-heures.

4h du matin. Je n’ai plus aucune force.

Problème : on doit se lever à 6h du matin pour partir pour deux jours de Safari.

Maxime me demande “Tu te sens capable de partir en safari vu ton état ?”. J’hésite, j’essaie de me convaincre que oui. On est venu pour ça après tout. Pour le Safari. Mais je décide finalement d’écouter mon corps qui chaque seconde me rappelle que je n’en serais physiquement pas capable.

5h du matin. On se rend tant bien que mal à la réception de l’hôtel pour les prévenir de mon état et pour les informer que nous ne pourrons pas partir en safari à 6h du matin.

Ne pouvant pas partir en safari, on demande à Timothée, notre interlocuteur Voyage Privé sur place si nous pourrons être remboursé. Il nous répond alors que oui mais qu’il faut un mot du médecin attestant que mon état ne me permet pas de partir en safari.

Le reste de la nuit passe. J’essaie tant bien que mal de trouver le sommeil. En vain.

8h du matin. Un taxi vient nous chercher à l’hôtel, direction l’hôpital de Mombasa pour obtenir ce fameux mot du médecin.

9h du matin. Après 25min de route à essayer de ne pas vomir dans la voiture et à essayer de survivre au 40°C habituels, on arrive à l’hôpital.

Je suis tout de suite prise en charge par un médecin pendant que des femmes Kenyanes attendent depuis plusieurs minutes avec leurs enfants malades.

Il me pose des questions sur mes symptômes et m’examine. Tout ça en Anglais. Je suis faible, déshydratée et pâle. Il m’annonce qu’il va me garder une heure ou deux, le temps de m’administrer quelques médicaments et de me faire une prise de sang pour voir si tout va bien, si il n’y a pas d’infection plus grave.

On m’emmène dans une chambre. Maxime et moi sommes saisis par la précarité de l’hôpital et par l’ambiance pesante qu’il y règne.

Un infirmier est chargé de m’administrer des médicaments. Je suis là, allongé sur un lit, dans un pays que je ne connais pas… Je me mets à  paniquer. Maxime aussi. On ne nous dit rien, on me pique tant bien que mal dans la main pour me mettre un cathéter. On me fait une prise de sang. Rien n’est désinfecté. Je me sens de plus en plus mal. L’infirmier m’injecte un produit. Il me dit que je vais me sentir mal pendant quelques minutes, que ma vision va devenir très floue mais qu’après ça ira mieux, que c’est un médicament qu’ils ont l’habitude d’utiliser et que c’est très efficace.

Deux ou trois minutes après l’injection, ma tête tourne très fort, je commence à avoir du mal à lire ce qu’il y a d’inscrit sur la bouteille posée sur la table à côté du lit sur lequel je suis allongé. Et puis plus rien. Impossible de voir clairement le visage de Maxime qui me tient la main.

La peur m’envahit. Maxime devient nerveux. Je me souviens alors de cet homme mort sur la plage faute d’avoir reçu les soins nécessaires.

Ça dure une bonne heure puis ma vision se rétablit petit à petit. Je n’ai alors qu’une envie. Récupérer le mot du médecin et sortir de cet endroit au plus vite.

En fin d’après-midi. Le médecin rentre dans la chambre avec les résultats de la prise de sang. J’ai selon lui une infection assez grave. Il préconise de rester à l’hôpital toute la nuit en observation ainsi que le lendemain.

Or de question de passer la nuit dans cet endroit. Je fais alors mine d’aller mieux et les supplient de me laisser sortir. Le médecin accepte au bout de 30minutes de négociations mais m’oblige cependant à revenir le lendemain matin pour continuer le traitement. On me laisse donc repartir avec un cathéter dans la main pour le lendemain.

Ça ne devait durer qu’une heure. On est finalement sorti de l’hôpital en fin de journée. Et dire qu’à cette heure ci, on aurait dû être en safari…

On rentre à l’hôtel. Je me sens toujours très faible malgré les médicaments que j’ai reçu. Je continue de me vider mais essaie tout de même de manger un peu le soir. Le cathéter planté dans la main droite me fait horriblement mal mais je réussi par chance à dormir quelques heures dans la nuit, beaucoup trop épuisé par l’infection et la chaleur.

Le lendemain matin. Le taxi repasse nous chercher pour retourner à l’hôpital et pour recevoir comme prévu la suite du traitement.

Avec Maxime on s’était mit d’accord. Je devais simuler que ça allait mieux pour sortir au plus vite de là. Je revois le médecin qui me demande comment je me sens. Je lui dis que ça va beaucoup mieux. Je n’avais plus de vomissement mais les nausées, la diarrhée et les vertiges étaient toujours là. Mais chut !

Comme la veille, je suis placée dans une chambre, la même. Cette fois, le médecin comprend que je n’ai aucune envie de rester et me promet de faire vite.

On me refait une prise de sang pour contrôler le niveau de l’infection et on m’injecte une nouvelle fois tout un tas de produits que je ne connais pas. J’attends une demi-heure puis une heure que les produits passent dans la perfusion. La secrétaire entre dans la chambre et nous dit qu’il est or de question de nous laisser sortir de l’hôpital tant qu’ils n’ont pas un papier de l’assurance attestant qu’ils prennent bien en charge les frais médicaux et les frais de séjour.

Les échanges avec la secrétaire sont compliqués. Elle ne parle pas très bien anglais et n’est pas très pressée. J’appelle donc l’assurance Europ assistance, leur explique que nous avons prit l’assurance multirisques lors de la réservation et que l’hôpital où nous sommes a besoin d’un papier confirmant que les frais d’hôpital sont bien prit en charge. Tout ça en anglais, allongé dans un lit, au bout de ma vie.

16h. L’assurance envoie un mail au secrétariat de l’hôpital avec le papier demandé. La secrétaire ne l’a pas reçu. On ne peut donc toujours pas partir.

Après plusieurs longues minutes d’échanges entre la secrétaire et l’assurance, le mail est bien arrivé. Après une après-midi (qui ne devait une fois de plus ne durer qu’une heure), le médecin m’autorise à sortir et me remet le fameux “mot du médecin” dont nous avions initialement besoin pour être remboursé.

On retourne à l’hôtel. Une fois de plus en fin de journée. On se dit que le cauchemar est enfin terminé.

Le soir venu, on va au restaurant pour essayer de manger un petit peu. On croise l’un des deux couples de Français avec qui on a sympathisé deux jours auparavant, avant que toutes ces péripéties nous tombent dessus. Ils sont adorables. Ils me voient toute pâle, me demandent ce qu’il s’est passé, pourquoi ils ne nous ont pas vu pendant deux jours. On devait partir en safari avec eux…

On leur raconte rapidement ce qu’il s’est passé. Ils sont désolé pour nous et essayent de ne pas parler du safari pour ne pas nous dégouter. Et puis je leur demande : “Alors le safari, c’était comment ?”. Elle me répond alors sans développer par peur de nous frustrer : “C’était incroyable ! On n’a pas les mots. Si il y a bien une chose à faire, c’est le Safari !”. Ils n’ont pas eu besoin d’en dire plus pour qu’on se rende compte en trois secondes qu’on était passé à côté de quelque chose de fou. À côté de l’un de nos rêves.

À ce moment précis de notre voyage, il nous reste 4 jours à passer au Kenya. On décide alors de ne pas se laisser abattre. On a le safari en travers de la gorge mais on se dit que notre santé passe avant tout et qu’on est contents d’être enfin sorti de toute cette galère et qu’il serait enfin temps, faute de pouvoir bouger sous ordre médical, de profiter de l’hôtel.

J’étais toujours aussi mal mais une chose me motiver à tenir le coup : Rentrer en France. Retrouver nos proches et avoir accès à la médecine moderne.

On passe donc ces 4 derniers jours à profiter de la piscine et du soleil tranquillement. Aucun effort ne m’était autorisé de toutes façons.

Jour du départ – 6h du matin. On est au taquet. 7h les valises sont faites et déposées à la réception. Le chauffeur qui nous ramène à l’aéroport doit passer nous chercher à 10h30.

On prend notre dernier petit déjeuné du séjour et on profite une dernière fois de la vue magnifique sur la mer. On se pose 5min, on se regarde et on s’échange un petit sourire de ceux qui veulent dire qu’on a vécu un truc de dingue, qu’on est à bout autant physiquement que psychologiquement mais que putain, on rentre enfin à la maison !

10h30 : le chauffeur passe nous chercher. On récupère d’autres touristes d’autres hôtels au passage. 2h de route nous séparent encore de l’aéroport mais on s’en fiche, on sait qu’on rentre en France. On profite donc de ces deux heures de route pour observer silencieusement ce pays, ce peuple et se rendre compte de la chance qu’on a au quotidien.

Le sentiment d’insécurité qu’on avait ressenti le premier jour s’est estompé et on est toujours autant subjugué par le quotidien des Kenyans, par leur culture et leurs mœurs.

Après 12h de vol. On atterri enfin en France. On est épuisés mais on retrouve nos proches, notre petite boule de poils et la modernité.

Dès le lendemain, on prend rendez-vous chez notre médecin traitant qui nous prescrit une prise de sang et des examens bactériologiques.

Mon état s’est amélioré une fois rentré en France mais ça a tout de même duré un mois après notre retour. Pour ce qui est de Maxime, il a également été malade mais beaucoup moins que moi. Il n’était pas très bien et avait de forts maux de ventre mais n’a jamais été dans mon état pendant le séjour. Heureusement d’ailleurs parce que sans lui je ne sais pas ce que j’aurais fais. C’est clairement le fait d’être à deux qui m’a permis de tenir le coup tout au long du séjour.

Les résultats des examens ont bien confirmés que j’avais eu une infection due à une bactérie au niveau de l’intestin. Infection certainement causée par l’ingestion de crudités. On veillait toujours à ne boire que de l’eau de bouteille, comme tout le monde. Mais la nuit où j’ai été malade, j’avais mangé deux ou trois feuilles de salade en entrée au restaurant. Ce sont les seules crudités que j’ai mangé du séjour. En discutant avec deux copines ch’ti rencontrées un matin dans la piscine, on a appris qu’on n’était pas les seuls dans l’hôtel à avoir été infectés.

Alors moral de l’histoire : On ne regrette absolument pas ce voyage et on se sent toujours aussi chanceux d’avoir eu l’opportunité de découvrir le Kenya mais si vous partez dans un pays à risque, faites vraiment attention à ce que vous mangez et buvez et prenez toujours l’assurance multirisques ! C’est un voyage qui nous a marqué mais malheureusement pas forcément dans le bon sens. Sans ce soucis de santé, on aurait pu réaliser notre rêve de gosses en faisant un superbe Safari et on aurait aujourd’hui des souvenirs incroyables plein la tête.

AVONS-NOUS ÉTÉ REMBOURSÉ ?

À l’heure où j’écris cet article, on est en Juillet 2019. On est allé au Kenya il y a 3 mois, en Avril 2019. Notre demande de remboursement a été traitée et refusée. Que ce soit par Voyage Privé ou l’assurance.

Timothée, notre interlocuteur nous avait affirmé qu’avec le papier du médecin, nous serions remboursé du safari ainsi que de la journée d’excursion à Funzi que nous n’avons également pas pu faire au vu de mon état. J’ai donc été obligé de passer deux jours horribles dans un hôpital délabré… pour rien.

Cerise sur le gâteau : ils nous ont facturé une nuit d’hôtel supplémentaire pour la nuit où nous devions être en safari et non à l’hôtel.

On ne va donc pas laisser l’affaire où elle en est et on compte bien se faire rembourser de ces deux jours de Safari et de la journée d’excursion.

D’ailleurs, si tu as vécu le même genre de situation et que tu es passé par Voyage Privé, n’hésite pas à nous raconter ta petite histoire, à nous dire ce que tu as fais et si tu as pu être remboursé ou pas ! 🙂 

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